Le piano silencieux dans le coin de la gare : Une mélodie qui attendait sa moitié
Dans l’une des gares bondées de Londres un vieux piano était mis à la disposition des passants depuis longtemps. Tous les mardis, à 18 heures précises, un homme âgé s’est assis devant l’instrument et a joué la même mélodie, à la fois triste et magnifique. Il n’a joué que de la main droite, et la mélodie a toujours semblé inachevée.
Par un soir de pluie, la jeune violoniste Eliza, qui a couru pour attraper son train, s’est soudainement arrêtée au milieu de la foule. Cette mélodie incomplète était la berceuse que sa défunte grand-mère lui chantait lorsqu’elle était enfant. C’était une composition originale de sa grand-mère, qui n’a jamais été publiée ni enregistrée nulle part.
En oubliant son train, Eliza s’est approchée doucement du piano, s’est assise à côté du vieil homme et a commencé à jouer de la main gauche des accords graves mais chaleureux, en ajoutant ainsi ceux qui manquaient à la mélodie.
La mélodie a enfin été complète et a résonné comme elle l’aurait toujours dû. Les mains du vieil homme ont commencé à trembler․Il a posé son regard sur la jeune femme, les larmes aux yeux.
Il s’est avéré qu’il était un ami de jeunesse de la grand-mère d’Eliza. Ils ont été séparés pendant la guerre, et cette mélodie inachevée etait leur seule promesse d’adieu. Chaque semaine, le vieil homme revenait à la gare avec l’espoir qu’un jour quelqu’un reconnaîtrait la chanson et la terminerait enfin.
Parfois pour réunir les gens le destin ne choisit pas les mots, mais une simple mélodie oubliée depuis des années.
